« Démocratie »

Le meilleur moyen pour manipuler quelqu’un est de lui laisser croire que c’est lui qui a le contrôle…

Voter, sur le papier, c’est beau. L’idée me séduit aussi. Sacré pouvoir que d’avoir l’opportunité de choisir un élu par les urnes, glissant un petit nom dans l’enveloppe – grand symbole de la démocratie.

Moi, depuis que je suis petit et que je développe mes facultés d’observateur, je n’ai pas vu grand chose qui a changé. On pourra dire qu’on a évolué technologiquement. Nos cafetières et nos téléphones ont des fonctionnalités qui dépassent leur fonction première. Au train où vont les choses, peut-être qu’un jour nos smartphones seront si smart qu’ils se transformeront en cafetières… ?!

Est-ce que le café est meilleur ? Est-ce que la qualité de nos coups de fils a progressé ? Aussi bien en terme de rendu sonore qu’en teneur de nos propos ? On vit plus longtemps mais est-ce qu’on vit mieux qu’avant ?

Est-ce que ce système démocratique nous permet de vivre mieux ?
Est-ce que le président de la République Française n’est pas plus qu’un VRP qui vend des armes et des avions de guerre à d’autres pays ?

Dans quelle mesure acceptes-tu de donner ta voix à un quelqu’un ? Comment faire confiance à quelqu’un que tu ne connais absolument pas – que tu crois connaitre parce qu’il participe à des « débats » – qui sont tout sauf des débats ; il suffit d’en regarder un pour voir qu’à part critiquer l’autre, ce n’est rien de plus : critiquer l’autre et ce qu’il a fait, et ce qu’il veut faire.
Ces débats là sont tout sauf des débats. Loin d’une dispute ou d’une discussion également. L’idée, c’est de montrer aux gens que l’autre, celui en face, n’est pas digne de la confiance que les électeurs lui portent. C’est décrédibiliser l’autre – qui, soit-dit en passant, a très souvent des casseroles qui trainent dans son sillage… parce que la vie nécessite de faire des erreurs – sauf que là, ce sont des erreurs à une échelle différente… Le genre d’erreurs qui tuent littéralement des vies, et pas que littéralement… Le comble, c’est que celui qui décrédibilise l’autre a les mêmes casseroles que sa cible. Et c’est là où la perversité de notre monde n’a pas de limites. L’hôpital ne se fout plus de la charité : il est à la fois la charité, l’hôpital, la morgue, le cimetière[…] enfin tout ce que tu veux en même temps. Et il se fout de tout, et de tout le monde, sans respecter qui que ce soit. Surtout pas lui-même.

La plus grande gloire… le plus gros toupet de notre République, c’est de m’avoir éduquer à la floquer d’un ‘r’ majuscule. C’est d’avoir mis en place un système dans lequel l’individu lambda croit qu’il a un rôle à jouer dans la vie politique. Et de le faire culpabiliser s’il ne participe pas à la mascarade. Que les autres, ceux qui votent, fassent culpabiliser celui qui ne vote pas. Parce que, je cite : « il y en a qui sont morts pour le droit de vote ! » mais si tu savais… S’ils savaient ! Ils se retourneraient dans leur tombe en voyant la blague dans laquelle nous sommes. Et c’est vraisemblablement ta tête qu’ils trancheraient.

Le saumon dans la pseudo-démocratie

Je rentre chez moi vers huit heures, quand tous les autres sortent leur voiture pour aller au travail. Je les vois s’entasser dans les rues, attendre leur tour aux feux rouges… Moi, je remonte le courant. Quand je range mon vélo dans le local, l’ascenseur descend. Une fois la porte fermée, celle de l’ascenseur s’ouvre au rez-de-chaussée. Une voisine en sort avec son fils… pas loin de six ans et déjà seul dans son monde, malpoli par habitude du dédain… elle m’adresse un bonjour sans saveur et l’emmène à l’école – où il n’apprendra pas la politesse non plus, visiblement – ; dans l’ascenseur, je sens l’odeur de son shampoing. Une fois là-haut, j(ouvre la porte de chez moi et mon chat me dit bonjour.

Hier, ma copine ose me demander si je veux « regarder le débat ». Dans une réalité alternative où je suis sans doute le plus fou du monde, je la tue et piétine son corps en lui disant qu’il n’y a que des raclures de chiottes qui daigneraient demander la voix de qui que ce soit pour boire un peu de pouvoir.

Dans la réalité réelle, je réponds : « Pfff, le débat ? Mais quel débat ? C’est du vent tout ça ! Je vais te dire comment ça se passera[…] »

« -Monsieur Chien vous avez dit que ça mais vous avez fait ça alors que vous étiez sensés faire ça !
-Très bien monsieur Porc mais nous, nous n’avons pas fait ça alors que vous, vous aviez fait ça en l’année ça ! Alors ne venez pas me dire ça !
-Oh oh on croit rêver ! Certes, mais ça, c’est plutôt ça et pas ça, or, je vous rappelle que vous avez fait ça
-Écoutez, les ça (Français ici) en ont assez de ça, aussi, qu’avez vous à répondre à ça ?!
Ça. »

Vivre dans un monde où c’est le peuple qui donne sa voix de lui-même à un élu pour qu’il ne parvienne pas à l’honorer, c’est douloureux. Et quand c’est ce peuple même qui te suggère de donner ta voix aussi, c’est pire. C’est comme si des Martiens venaient sur Terre, que nous deviendrions leurs esclaves et que parmi ces esclaves, certains diraient à ceux qui sont encore libres de devenir esclaves. En étant convaincu eux-mêmes que c’est bien d’être esclave et que les autres devraient devenir esclaves pour leur bien-être.

Toi, tu donnes ta voix, moi je garde la mienne. Moi je suis un saumon, toi un mouton.

 

 

lucky unlucky

Ma copine n’a pas de chances : je fais partie de ces goujats qui font des remarques désobligeantes sur des détails de son physique… Je sais que je suis à la limite de l’acceptable, ou carrément dans le début de la zone rouge de l’inacceptable. Qui voudrait entendre son chéri lui faire remarquer un poil de moins d’un centimètre au-dessus de la lèvre supérieure ?

Pour ma défense, je suis constant pour chacune de mes remarques. Si je remarque un beau détail, je le verbaliserais également. Je sais toutefois que ma mère et ma sœur m’auraient largué – apparemment. Dieu merci l’inceste nous a épargné, c’eût été une double peine. J’ai la chance d’être avec une femme empathique, patiente, ou sympathique[…] qui m’aime ! Simplement.

Je suis né observateur… je suis constamment alerte, mes yeux roulent un peu partout. Il m’est arrivé plusieurs fois de parler à quelqu’un de ce que j’avais vu ou même à un groupe de personnes entier, sans que personne n’ait vu ce que j’ai vu. Je ne dis pas que je suis un super-héros aux sens sur-développés. J’ai des yeux, j’en profite. Je suis aussi un peu voyeur ; et pour couronner le tout, je suis curieux. Donc tout ça se conjugue dans un festival de remarques qui peuvent (et doivent) agacer quiconque en est la cible. Et davantage ma copine.
Et il n’y a pas de moments pour cela : peu importe si nous sommes sous la couette à flâner.
Je suis intègre, et je veux être honnête avec moi-même – en premier lieu. Plus qu’être honnête avec l’autre, pour l’autre ; je crois que je suis un égoïste qui ne peut pas vivre avec une pensée, une observation ou une remarque qu’il laisserait mourir en lui.

Le mécanisme : mes yeux remarquent quelque chose. Ce quelque chose est transmis à mon esprit. Une courte réflexion s’ensuit… Puis je sens que ça monte, peut-être que ça passe par mon ventre ; ça monte… Je sais qu’il faudrait que je me taise. Je me dis « ferme-là, tais-toi, surtout ne dis rien ! ». Je lutte quelques secondes… Je me force à ne plus regarder ce que j’ai vu, ce que j’ai remarqué et là ; c’est trop pour moi, je sens et je sais dorénavant que je vais parler… Il ne reste plus qu’à sentir un moment, sentir les mots justes – et je sais qu’il n’y a pas de mots justes, qu’il y en aura jamais ; que c’est inacceptable et franchement chiant… Je souris parce que je sais que c’est limite – je suis gêné -, j’y vais quand même. Je me lance. Et là le couperet tombe. C’est ma tête qui tombe plus que la sienne. Une fois que c’est dit, je suis soulagé. Ni fier ni honteux ; je ne regrette pas non plus mais – ah ! Il faudrait que j’apprenne à avaler certains trucs. Je manque certainement d’expérience en communication de couple – en communication tout court… Bah.

Observateur, curieux, précis, tatillon, honnête, égoïste, intègre.

Franchement pardon…

Le rocher crumble

J’étais en miettes. J’étais devenu un crumble de tristesse, un smog de nostalgie qui voguait dans des sombres abysses. Je divaguais ; perdu dans des souvenirs tout frais, partagé entre la douleur, la colère, le dégoût… tout un tas de sentiments qui peuvent ressembler à l’action mélangée de drogues différentes. Sauf que j’étais dans une descente perpétuelle.

J’ai cru que j’étais dans l’amour. Elle m’avait dit que « c’était pas de l’amour », la voix quelque peu tintée d’évidence, comme un adulte corrige un enfant – ça m’avait glacé le cœur d’entendre ça. Je souffrais et elle osait sabrer mon ressenti de l’instant… parce qu’à la fin de notre première rupture – enfin de la sienne avec moi -, j’étais encore amoureux.

Je crois qu’elle, elle avait déjà expérimenté l’amour. Mais pas encore la passion…

Récemment, j’ai lu la phrase suivante, qui résume parfaitement ce que j’ai ressenti pour elle : « Je crois qu’être amoureux de quelqu’un pour de vrai ; c’est d’en avoir marre mais de pas pouvoir se passer de cette personne. De se dire qu’un alibi est vite trouvé mais que neuf heures sans toi c’est déjà trop long… » ; ce fut difficile de ne pas se voir. Quand je n’étais pas avec elle, j’allais mal, presque physiquement, dans ma peau. Et quand j’étais avec elle, je respirais à nouveau. Quand elle ouvrait la porte de chez elle, nous nous embrassions dans une bouffée d’air presque sonore. Nous relâchions cette douleur contenue chacun de notre côté, dans notre cerveau. Les doutes, les interrogations troublantes… les signes et symboles que l’on peut voir ou inventer… ou sentir réellement.

Au début j’étais heureux, presque laiteux, survolant la vie en sautillant sur des petits nuages mignons. À la fin, je tremblais de peur et de haine, frappé dans le courroux du vide – je chutais indéfiniment sans m’écraser.

La citation ci-haut ne parle pas d’amour, mais de passion. Être « amoureux de quelqu’un pour de vrai », c’est tout sauf « en avoir marre », c’est tout sauf souffrir. Seules les drogues dures suscitent le manque… ou les morts, surtout s’ils sont arrachés sauvagement.
Les drogues dures mènent à la mort ou aux substituts… Quant à l’absence terminale des êtres aimés, j’ai cru comprendre qu’on apprenait à vivre sans ceux qui ne sont plus là[…].

L’amour rend meilleur, l’amour est simple. Mais rien ne dure éternellement puisque nous sommes mortels ! La passion est au moins mille fois plus éphémère que l’amour, plus forte en intensité, mais fragile dans le fond. La passion dure plus longtemps qu’une pâtisserie en vitrine dans une boulangerie. Lorsqu’elle implose, c’est la vitrine toute entière qui part avec.

Si tu considères l’autre comme « ta moitié ». C’est que tu n’existes pas seul. Elle, elle m’avait dit qu’elle ne voulait pas que son équilibre dépende de moi. L’idée d’être ou d’avoir une béquille n’est acceptable pour personne de sensé. Malgré ses états d’âmes aux allures de tornades californiennes, et les méandres de tourments qu’elle traversa, sa lucidité à ce moment-là fut cruciale pour nous deux.
Bien des choses m’ont échappé… Pour un garçon comme moi qui a besoin de poser des questions pour éclaircir sa compréhension du monde, ne pas avoir eu de réponses a été un chemin de croix douloureux et presque injuste. Sûrement injuste. Mais bon. La justice, ou plutôt le juste… c’est si peu… !

Ce que je sais, c’est que moi, j’étais prêt. Peut-être pas finalement. Peut-être qu’il me fallut cette relation fusionnelle pour être disposé à aimer. J’étais prêt… J’existais tout seul. Je n’avais besoin de personne pour me tenir debout, et j’avais tué tous mes démons. J’avais choisi la vie plutôt que la torture et mes fleurs étaient fortes et limpides. Le « spleen » avait la tête tranchée et courait dans une autre direction que la mienne. J’ai dépassé tout ça. La preuve étant qu’après ça, j’étais toujours le même. Cette part intérieure de moi était la même. C’est juste en surface que j’étais cabossé. Mais mes tripes sont restées intactes – c’est ce que j’entends par ‘exister seul’. Quoiqu’il arrive, le fin fond de soi doit être solide comme un rocher inamovible. Certains endroits peuvent être mous ; parce qu’il faut bien être souple pour s’enrichir… mais j’étais déjà riche.

Je ne suis pas rancunier, je ne lui en veux pas. J’ai souffert, mais je m’en fous. Je n’oublie rien parce que c’est important de savoir par quoi on est passé. C’est juste que le présent n’attend pas. La vie se conjugue tout de suite, tout le temps, jusqu’à ce qu’on meure.

OH MY G

Comme prévu, je me sens bien mieux depuis que je ne fume plus. Ça doit faire une semaine à peu près. Ça ne me manque pas, je n’y pense même pas.

Le tabac, les joints… ça m’éteint. Toutes mes émotions sont annihilées. Et c’est pour ça que j’aime reprendre la fumette par période. Histoire de tout fermer…

Là, j’ai une remontée énorme de tout ce que je suis. Je sens tout l’amour que j’ai pour les miens et pour les inconnus qui m’inspirent le bien. Je me sens fort mais mortel, solide mais souple ; je transpire toute l’ambivalence dont l’humain est capable. Mon odorat refait surface. Je suis à nouveau touché par la musique, par des situations, par des phrases. Je suis .

Je n’exclus pourtant pas de recommencer à fumer de l’herbe si jamais j’en ai envie plus tard. On verra… Ce qui m’importe, c’est tout de suite. Et présentement, je n’ai besoin que de moi. Je suis même obligé de pisser dès que j’en ai envie. Je ne peux pas me retenir.

Je me sens tout simplement vivant. Et mes moments de défonce ne sont liés qu’à mes émotions pures. C’est différent, mais c’est plus puissant, plus réel… plus terrestre.

lolzer

Chaque vie aura son lot de trous du cul.

À force, on s’habitue à la déception, au manque de couilles autour de nous. Ceux qui font des choix sans les assumer, qui s’arrangent pour fuir par une petite porte presque secrète, parce que sur le court terme, c’est plus facile de faire ainsi.
Sur le long terme en revanche… personne ne peut construire une vie sur la fuite. Il vaut mieux être en accord avec soi-même, ne pas se mentir, et dire les choses qui mettront un terme à une aventure.

Le batteur de mon groupe est parti comme un petit garçon, en ayant usé de prétextes faussement vrais. C’est toujours délicat d’apprécier quelqu’un et de se rendre compte qu’il est tout autant bidon que la majorité des autres.

Ahah.

Que dire… l’idée d’être rancunier m’est gênante car objectivement nulle ; imaginer comment sera la prochaine poignée de main : sera-t-elle molle ou est-ce que j’aurais la gentillesse et la compassion d’adresser une bise chaude ? Plutôt froide… voire glaciale. Ou pire, cordiale.

Je suis rôdé. Et si peu Caliméro. Depuis quelques temps, je marche dans ma vie sans trop regarder derrière. Les plumes que j’ai laissées ou qu’on m’a arrachées… ce ne sont plus les miennes.

Il vaudrait mieux souhaiter une bonne route à l’autre. Mes lèvres aimeraient glisser des « qu’ils aillent se faire enculer » mais mon esprit sait qu’il vaut mieux souhaiter du bonheur autour de soi ; peu importe à qui.

Chaque heureux sur terre, c’est un connard de moins à gérer.

L’envie de lancer une phrase-missile histoire de faire un peu de pédagogie est très bandante… et un peu facile – donc peu glorieux. Ce serait mérité mais… à quoi bon ?
Il n’entendrait pas comme il le faudrait. C’est lui tout seul qui comprendra à quel moment de sa vie il a été une petite pute sans couilles.

Pardonnez les insultes, je suis un peu touché !

Sois heureux ! Mais va t’faire enculer un peu quand même !
(on repassera pour la grandeur d’esprit en toute circonstance)